
The Pastness of the Present and the Presence of the Past, que l’on peut traduire par Le caractère passé du présent et la présence du passé est un texte écrit en 1988 par le musicologue américain Richard Taruskin qui jette un soupçon sur la musique dite « historiquement informé » : au lieu de restituer la musique du 18ème ou du 19ème siècle, les musiciens qui pratiquent sur instrument d’époque, mobilisent des traités anciens et des effectifs historiques, expriment plus encore le goût de leur modernité pour la clarté et une certaine objectivité sonore. Peut-être même que la musique dite « historiquement informé » est alors moins un projet scientifique et historique qu’un phénomène culturel tout ce qu’il y a de plus contemporain. Une quarantaine d’années après Taruskin, la question de l’authenticité pourrait être naturellement remplacée par celle de la sincérité, mais il reste que celles et ceux qui manipulent des enregistrements d’interprètes emblématiques du début du 20ème siècle ou des instruments d’il y a deux cents ans, l’espoir d’en tirer quelques informations sur le goût des anciens continue de planer et de déstabiliser le goût contemporain. Pour ce numéro « Vernir », Metaclassique va donc à la rencontre de deux personnalités qui grattent les certitudes associées auxdits vernis de l’historiquement informé : Antonio Somma qui a soutenu une thèse dans le cadre du Collegium Musicae sur la pratique musicale sur pianos historiques et pour commencer, la pianiste Laura Granero qui s’intéresse aux rouleaux des interprétations de Carl Reinecke et que nous avons interrogée dans le cadre des activités de l’association La Nouvelle Athènes.
Une émission poncée et lissée par David Christoffel.
Podcast: Play in new window | Download
