
« L’image et celui dont elle est l’image son un, en tant que tels. » écrit Maître Eckhart, pour qui : « La raison de l’image est qu’elle soit expressive de tout son être pleinement, dont elle est l’image, non pas expressive de quelque chose détermine en son modèle ».
Quand il chante Guillaume de Machaut, le chanteur Michael-le Grebil Liberg se projette dans sa voix avec assez douceur pour pouvoir s’y contempler et faire un avec l’image qu’il est en train de produire de la ligne vocale qui est donc en train de l’acter en modèle.
Avant d’avancer plus loin, on peut d’ores et déjà comprendre que, pour rencontrer une justesse d’être en chantant Guillaume de Machaut, la lecture de Maître Eckhart peut donner des éléments de description de l’Ymage. L’Ymage est le titre du coffret que Michael-le Grebil Liberg a publié où l’enregistrement de son interprétation de Guillaume de Machaut s’articule avec un livret qui raconte le cheminement, les lectures, les émotions esthétiques qui se sont assemblées au fil de sa performance de l’œuvre de Machaut.
Au cours de cette émission, nous allons entendre Michael-le Grebil Liberg chanter Machaut, mais aussi revenir sur les références dont il a mûri son approche de l’œuvre de Machaut, dont la douceur manifeste pourrait devenir programmatique. C’est pourquoi, nous avons intitulé cet épisode de Metaclassique « doucir », pour sentir comme cette douceur de l’approche de Machaut par Michael-le Grebil Liberg est à son tour adoucie par les lumières qui surgissent de ses affinités avec la pensée de Georges Didi-Hubermann, Édouard Glissant, Georges Steiner ou encore de cinéastes comme Jean Epstein et Jean-Luc Godard.
Une émission assouplie et dépliée par David Christoffel.

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