
Du duel de 1709 entre Haendel et Scarlatti au duel de 1799 entre Wolfl et Beethoven en passant par la joute Mozart/Clementi organisé par l’Empereur Joseph II pour le soir de Noël 1781, le 18è siècle est parsemé de ces duels musicaux qui laissent à penser que les nobles n’avaient rien de mieux à offrir aux talents musicaux de leur époque que de les mettre en compétition.
Les récits ont beau s’arranger avec les faits pour dire que les organisateurs de ces joutes n’allaient jamais jusqu’à les départager et finissaient toujours par tous les déclarer vainqueurs, la mise en compétition a quand même fait son œuvre puisque deux ou trois cents ans plus tard, Mozart a terrassé Clementi au jeu de la célébrité, Beethoven l’a très largement emporté sur Wolfl : on se laisserait presqu’à croire que tel vaut donc mieux que l’autre et que l’écoute, la réécoute et la réréréécoute de Mozart seraient toujours mieux que la redécouverte de Clementi.
Dans le cas de Haendel et Scarlatti, voilà des compositeurs qui disposent tous les deux d’une si haute renommée qu’on n’oserait s’amuser au moindre arbitrage. De leur duel de 1709, on a gardé l’habitude d’un vis-à-vis. C’est comme ça qu’il y a 24 ans, un musicien de 24 ans, Luca Guglielmi a enregistré pour le label Stradivarius le disque « Rome 1709. Haendel versus Scarlatti« , tandis qu’il y a quelques mois, un autre musicien de 24 ans, Cristiano Gaudio a fait paraître chez Encelade un disque Haendel versus Scarlatti. Pour ce numéro « Batailler » de Metaclassique, nous allons interroger ce que peut nous apprendre ce « versus » en recevant Cristiano Gaudio et Luca Guglielmi, que nous écoutons dans le Prelude en ré mineur HWV 564 de Haendel.
Une émission organisée et présentée par David Christoffel.
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